Par MD Retraite — Mis à jour le 27 octobre 2026.
Vérifier son relevé de carrière permet de s’assurer que ses emplois et les différentes périodes de sa vie ont bien été pris en compte pour la retraite. À 30, 40 ou 55 ans, voici comment contrôler ses salaires, ses trimestres et ses points Agirc-Arrco, repérer les périodes manquantes et demander une correction.
À trente ans, Camille a déjà travaillé pour plusieurs employeurs, été apprenti et connu des périodes de chômage. Il vient aussi d’accueillir son troisième enfant.
La retraite lui paraît loin. Pourtant, sa question est très concrète : « Comment savoir si tout ce que j’ai fait compte bien pour ma retraite ? »
Cette question se pose aussi à quarante, cinquante ou cinquante-cinq ans. Une carrière ne se résume pas à une succession d’emplois. Elle comprend parfois des études, des stages, des arrêts de travail, des enfants ou des périodes à l’étranger. Chacune de ces situations suit ses propres règles.
Voici comment comprendre les droits enregistrés, repérer les points à vérifier et préparer les démarches utiles.
Camille est un prénom d’emprunt. Son exemple sert de fil conducteur ; les situations envisagées ne décrivent pas toutes son parcours.
Les trois éléments à vérifier sur sa carrière
Pour un salarié du privé, contrôler sa retraite consiste à regarder les revenus enregistrés, les trimestres et les points complémentaires.
| Situation | Trimestres de retraite de base | Revenu retenu pour la retraite de base | Points Agirc-Arrco |
|---|---|---|---|
| Emploi salarié | Selon le salaire soumis à cotisations | Salaire retenu selon les plafonds applicables | Selon les cotisations donnant des droits |
| Apprentissage | Selon les règles de la période | Salaire réel ou ancienne assiette forfaitaire | Selon les règles de la période |
| Chômage indemnisé | Oui, sous conditions | Pas de salaire au titre des allocations | Oui, sous conditions |
| Chômage non indemnisé | Possible, sous conditions | Pas de salaire | Pas d’acquisition de points |
| Maladie indemnisée | Oui, sous conditions | Pas de salaire au titre des indemnités maladie | Possible, sous conditions |
| Accident du travail ou maladie professionnelle | Oui, sous conditions | Pas de salaire au titre des indemnités | Possible, sous conditions |
| Congé maternité | Oui, sous conditions | Indemnités susceptibles d’être prises en compte | Possible, sous conditions |
| Pension d’invalidité | Oui, sous conditions | Pas de salaire au titre de la pension | Possible, sous conditions |
| Enfants | Majorations possibles | Des règles particulières peuvent améliorer la durée d’assurance et le calcul | Majorations possibles du montant de la pension |
| Travail à l’étranger | Selon le statut et les accords applicables | Pas nécessairement un salaire français | Pas de points français sans affiliation correspondante |
Avoir quatre trimestres dans une année ne prouve donc pas que tout est correct. Le salaire peut être incomplet, ou des points complémentaires peuvent manquer.
1. Comprendre ce que l’on acquiert quand on travaille
Un salarié du secteur privé relève généralement de deux retraites obligatoires :
- une retraite de base, auprès de l’Assurance retraite dans le secteur non agricole, ou de la MSA dans le secteur agricole ;
- une retraite complémentaire, auprès de l’Agirc-Arrco dans les deux cas, éventuellement il peut relever de l’IRCANTEC.
La retraite de base tient notamment compte des revenus retenus, du taux de calcul et de la durée d’assurance. La complémentaire repose sur un nombre de points.
Une erreur n’a donc pas toujours le même effet : un revenu manquant peut modifier le calcul de la pension de base ; un trimestre absent peut affecter la durée retenue ; des points manquants peuvent réduire la retraite complémentaire.
Un trimestre ne correspond pas forcément à trois mois travaillés
Pour une activité salariée ordinaire, les trimestres sont validés à partir du salaire soumis à cotisations, et non simplement du nombre de mois travaillés.
Une personne qui travaille quelques mois peut ainsi valider quatre trimestres. À l’inverse, un faible salaire sur une année entière peut ne pas suffire.
Le temps partiel n’empêche donc pas, à lui seul, de valider quatre trimestres. Le montant soumis à cotisations reste déterminant.
Les primes et le treizième mois comptent-ils ?
Ils peuvent compter lorsqu’ils entrent dans l’assiette des cotisations retraite, dans les limites applicables.
Il faut distinguer une prime soumise à cotisations d’un remboursement de frais professionnels exonéré. La somme reçue sur le compte bancaire ne suffit pas à connaître les droits acquis.
2. Du bulletin de salaire au relevé de carrière : un exemple complet
Prenons Camille en 2025. Il travaille toute l’année chez le même employeur, sans absence, avec un salaire identique chaque mois :
41 253 € brut par an, soit 3 437,75 € brut par mois.
Le plafond de la Sécurité sociale était de 3 925 € par mois en 2025, soit 47 100 € par an. Son salaire reste donc entièrement sous ce plafond.
Ce qu’il retrouve sur chaque bulletin, de janvier à décembre
| Ligne | Base mensuelle | Cotisation salariale | Cotisation patronale |
|---|---|---|---|
| Vieillesse plafonnée | 3 437,75 € | 237,20 € à 6,90 % | 293,93 € à 8,55 % |
| Vieillesse déplafonnée | 3 437,75 € | 13,75 € à 0,40 % | 69,44 € à 2,02 % |
| Agirc-Arrco, tranche 1 | 3 437,75 € | 108,29 € à 3,15 % | 162,26 € à 4,72 % |
| Contribution d’équilibre général — CEG | 3 437,75 € | 29,56 € à 0,86 % | 44,35 € à 1,29 % |
Les taux présentés sont les taux habituels. Les montants patronaux sont indiqués avant d’éventuels allègements. Certaines lignes peuvent être regroupées et quelques centimes peuvent varier selon les arrondis.
Quel salaire vérifier pour la retraite de base ?
Il regarde la colonne « base » ou « assiette » de la ligne vieillesse plafonnée.
Il ne prend ni le salaire net, ni le net imposable, ni le montant de la cotisation.
Dans cet exemple :
3 437,75 € × 12 = 41 253 €.
C’est ce salaire annuel qu’il doit retrouver au régime général.
La cotisation vieillesse déplafonnée participe au financement du régime, mais elle ne permet pas de retenir un salaire supplémentaire au-delà du plafond pour le calcul de la pension.
Combien de trimestres pour 2025 ?
En 2025, il fallait 1 782 € de salaire soumis à cotisations pour un trimestre, soit 7 128 € pour quatre.
Camille valide donc quatre trimestres, le maximum pour l’année.
Combien de points complémentaires ?
Les cotisations salariales et patronales participent ensemble à l’acquisition des points. Mais tout ce qui est prélevé ne produit pas de droits.
En tranche 1, le taux appelé est de 7,87 %, tandis que le taux de calcul des points est de 6,20 %. La différence correspond au pourcentage d’appel de 127 %. La CEG ne donne pas de points.
Pour Camille :
41 253 € × 6,20 % ÷ 20,1877 € = environ 126,70 points.
Le montant de 20,1877 € est la valeur d’achat du point en 2025. Au-dessus du plafond, une tranche 2 existe, jusqu’à huit plafonds, avec d’autres taux.
Ses repères pour 2025 : 41 253 € de salaire, quatre trimestres et environ 126,70 points.
Pour une autre année, il faut utiliser les paramètres de cette année-là.
3. Plusieurs employeurs : vérifier chacun d’eux
Changer d’employeur ne remet pas les droits à zéro. Ils s’accumulent dans les régimes concernés.
Mais il faut retrouver chaque emploi, même court : CDD, intérim, emploi saisonnier ou premier travail d’été.
Si plusieurs employeurs se succèdent ou interviennent simultanément, ne comparez pas seulement un total brut. Les plafonds, les périodes de paie et les régularisations peuvent demander un examen plus précis.
Et quel que soit le nombre d’employeurs, une année civile ne permet pas de valider plus de quatre trimestres au titre de ces activités.
4. Apprentissage : les dates changent les règles
Camille a été apprenti en 2014-2015. Cette information détermine la façon de vérifier ses droits.
Avant 2014
Entre juillet 1972 et décembre 2013, les droits de base reposaient sur une assiette forfaitaire souvent faible. Une année complète ne donnait pas nécessairement quatre trimestres.
Pour certaines périodes manquantes, un rachat à tarif préférentiel est possible, dans la limite de quatre trimestres, inclus dans le plafond général de douze. Ce rachat agit sur le taux et la durée d’assurance.
Il existait avant 2023. La réforme de 2023 a notamment permis sa prise en compte dans la durée cotisée examinée pour la carrière longue.
Depuis janvier 2014
Le salaire réel est retenu pour la retraite de base. Si nécessaire, un dispositif complète les trimestres pour atteindre la durée garantie du contrat, selon ses dates exactes.
En revanche, la retraite complémentaire Arrco est restée calculée sur une base forfaitaire jusqu’à fin 2018. Depuis 2019, elle repose sur le salaire réel.
L’absence de cotisation salariale prélevée sur un ancien bulletin d’apprenti ne signifie pas absence de droits. Conservez le contrat et les bulletins ; vérifiez séparément la base et la complémentaire.
5. Chômage : les allocations et les salaires ne se traitent pas de la même façon
Le chômage indemnisé
Pour la retraite de base, cinquante jours de chômage indemnisé permettent de valider un trimestre, dans la limite de quatre par année. Ces jours ne doivent pas forcément se suivre.
Les allocations ne sont pas enregistrées comme un salaire. Une ligne chômage sans revenu en face peut donc être normale.
Le chômage peut aussi produire des points Agirc-Arrco, sous conditions. Pour l’ARE, le calcul utilise notamment le salaire journalier de référence communiqué par France Travail et le nombre de jours indemnisés.
Les délais d’attente et différés ne donnent pas de points complémentaires, même s’ils peuvent compter pour la retraite de base.
Le chômage non indemnisé
Il peut également compter pour la base, sous conditions.
Une première période non indemnisée depuis 2011 peut être retenue dans la limite de six trimestres. Après une indemnisation, une période peut être retenue généralement dans la limite d’un an, voire cinq ans pour certains assurés d’au moins 55 ans ayant suffisamment cotisé.
Il faut vérifier l’inscription comme demandeur d’emploi, les dates et les reprises d’activité.
À conserver : notifications de droits, attestations annuelles et relevés de paiement de France Travail ou de l’ancien Pôle emploi.
6. Maladie, accident du travail, maternité, invalidité : quels droits pendant l’arrêt ?
La maladie
Pour la base, soixante jours d’indemnités journalières dans l’année permettent de valider un trimestre, même si ces jours sont discontinus.
Les indemnités maladie ne sont pas un salaire pour le calcul de la pension. Une rémunération maintenue et soumise à cotisations peut, en revanche, être retenue.
Pour les points Agirc-Arrco attribués au titre de la maladie, l’arrêt doit normalement dépasser soixante jours consécutifs, soit au moins 61 jours, avec les conditions requises. Les points peuvent alors être accordés dès le premier jour.
Deux arrêts distincts de trente jours indemnisés peuvent donc produire un trimestre de base sans remplir cette condition complémentaire.
L’accident du travail et la maladie professionnelle
Pendant l’incapacité temporaire, les indemnités journalières permettent également de valider un trimestre pour soixante jours indemnisés. Des points complémentaires peuvent être attribués sous conditions.
En cas de séquelles permanentes, la rente suit d’autres règles. Au régime général, une rente correspondant à une incapacité d’au moins 66 % peut permettre une validation par trimestre civil comprenant trois mensualités.
Toute rente ne donne donc pas automatiquement des trimestres. Les conditions d’attribution des points complémentaires doivent aussi être vérifiées.
La maternité
Pour les naissances depuis 2014, des trimestres assimilés peuvent être validés selon les périodes de quatre-vingt-dix jours d’indemnisation maternité.
Les indemnités des congés débutant depuis 2012 peuvent aussi intervenir dans le revenu annuel moyen, à hauteur de 125 % de leur montant, selon les règles et plafonds applicables.
Des points complémentaires peuvent être attribués sous conditions. Ces droits sont distincts des majorations pour maternité et éducation.
L’invalidité
Pour les périodes actuelles, une pension d’invalidité permet de valider un trimestre pour chaque trimestre civil comprenant trois mensualités de pension.
Aucun salaire n’est retenu au titre de cette pension. Des points Agirc-Arrco peuvent également être accordés sous conditions.
Dans ces situations, les points attribués sans cotisations sont généralement calculés à partir des droits antérieurs. La caisse tient compte des points déjà acquis grâce à une rémunération maintenue.
À conserver : décomptes d’indemnités, bulletins, notifications de pension et décisions de rente avec les taux d’incapacité.
7. Enfants : distinguer les trimestres et la majoration des pensions
Les trimestres pour enfants
Pour un enfant biologique né depuis 2010, quatre trimestres de maternité sont réservés à la mère.
Sur les quatre trimestres d’éducation, deux lui sont également réservés. Les deux autres peuvent être attribués au père ou répartis entre les parents, sous conditions.
Le choix doit être déclaré dans les six mois suivant le quatrième anniversaire. Sans démarche, les trimestres sont normalement attribués à la mère.
Pour la fille de Camille née en 2026, cette échéance interviendra en 2030. Le choix doit être réfléchi à partir des deux carrières.
Ces majorations s’ajoutent à la durée totale : elles ne sont pas limitées par les quatre trimestres déjà validés grâce au travail dans une année.
Trois enfants ou plus
Selon les règles actuelles, avoir eu au moins trois enfants donne notamment une majoration de 10 % de la pension de base.
L’Agirc-Arrco prévoit aussi une majoration : 10 % pour les droits acquis depuis 2012, avec un plafonnement du montant de cette majoration. Les droits antérieurs suivent leurs propres règles.
Chaque parent peut en bénéficier sur sa pension.
Les évolutions de 2026
Depuis septembre 2026, les parents bénéficiant de certaines majorations de durée d’assurance peuvent relever d’un calcul sur les 24 meilleures années pour un enfant concerné, ou 23 pour deux ou plus, au lieu de 25.
Le simple fait d’être parent ne suffit pas. L’Assurance retraite annonce une mise en œuvre informatique en 2027, avec régularisation rétroactive pour les pensions concernées.
Congé parental et congé supplémentaire de naissance
Le congé parental d’éducation à temps plein peut donner une majoration correspondant à sa durée. Pour le même parent et le même enfant, elle ne se cumule pas avec les majorations maternité, adoption et éducation : la solution la plus favorable est retenue.
Depuis juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance indemnisé est également ouvert sous conditions aux deux parents, pour les enfants nés depuis janvier 2026. Ses périodes indemnisées peuvent produire des droits de base.
Il faut distinguer ces dispositifs et conserver leurs justificatifs.
8. Handicap et rôle d’aidant : conserver les décisions administratives
Travailler avec un handicap permet d’acquérir les droits liés à l’activité. La RQTH ne donne pas, à elle seule, des trimestres supplémentaires.
Il faut conserver les décisions de reconnaissance, taux d’incapacité, dates et renouvellements. Le relevé de carrière ne prouve pas toujours qu’une activité a été exercée pendant une période de handicap reconnu.
Les règles ayant évolué, les anciennes décisions peuvent être importantes. L’AAH, à elle seule, ne valide pas de trimestres.
S’occuper d’un enfant ou d’un adulte handicapé peut, dans certaines situations, ouvrir des droits propres : majorations ou affiliation à un dispositif d’assurance vieillesse. Il faut examiner le dossier de l’aidant, indépendamment de celui de la personne aidée.
9. Pénibilité : pensez au compte professionnel de prévention
Le dispositif a commencé en 2015. L’exposition à certains facteurs de risques, au-delà des seuils réglementaires, permet d’acquérir des points sur le C2P, après déclaration de l’employeur.
Ces points sont distincts des points Agirc-Arrco. Ils peuvent financer notamment une formation, une reconversion, du temps partiel ou des trimestres.
Pour la retraite, dix points correspondent à un trimestre, dans la limite de huit, avec une demande de conversion possible à partir de 55 ans. Pour les générations récentes, les vingt premiers points sont réservés à la formation ou à la reconversion.
Consultez ce compte pendant votre carrière : exercer un métier difficile ne suffit pas à garantir qu’une exposition a été déclarée.
10. Formation professionnelle et stage étudiant : deux situations différentes
La formation professionnelle
Un salarié dont la rémunération soumise à cotisations est maintenue pendant une formation continue à acquérir les droits correspondants.
Pour les stages de formation professionnelle continue relevant du dispositif applicable depuis 2015, des trimestres assimilés peuvent être validés à raison de cinquante jours de stage dans l’année, dans la limite de quatre. Des cotisations forfaitaires peuvent aussi être enregistrées.
La réforme de 2023 a étendu la reconnaissance à certains anciens dispositifs antérieurs à 2015, notamment les TUC et les SIVP. Toutes les anciennes formations ne sont pas concernées.
Le stage étudiant sous convention
Une gratification n’est pas un salaire. Dans la limite de la franchise, elle ne produit pas de cotisations vieillesse. Au-delà, la fraction excédentaire peut produire des droits de base selon son montant.
Un stagiaire étudiant sous convention n’est pas affilié à l’Agirc-Arrco au titre de ce stage, quel que soit le montant de la gratification.
Un versement possible pour certains stages
Pour des stages d’études supérieures gratifiés, d’au moins deux mois et effectués depuis le 15 mars 2015, un versement peut permettre de valider jusqu’à deux trimestres.
La demande doit être faite avant le 31 décembre de l’année des trente ans. En 2026, le coût annoncé est de 481 € par trimestre.
Attention : l’effet porte sur le taux de calcul, sans augmenter la durée retenue au numérateur de la pension. Ce versement ne donne pas de points complémentaires.
11. Service national : une période à rechercher pour les générations concernées
Le service national peut compter à raison d’un trimestre pour quatre-vingt-dix jours d’incorporation, dans les limites et conditions prévues.
S’il manque, un état signalétique et des services permet de demander son examen. Cette question reste importante dans les carrières plus anciennes.
12. Travail à l’étranger : le statut compte autant que le pays
Le détachement avec maintien en France
Les cotisations françaises continuent à produire des droits de base et complémentaires.
Il faut vérifier le certificat de détachement, sa durée et l’assiette de cotisation. Une entreprise française ne garantit pas, à elle seule, le maintien au régime français.
L’expatriation dans un pays coordonné
Avec une activité cotisée en Espagne, par exemple, les règles européennes permettent de prendre en compte les périodes espagnoles dans l’examen des droits.
La France compare son calcul national au calcul européen et verse sa part. L’Espagne calcule la sienne.
Les périodes espagnoles ne deviennent pas des salaires français ni des points Agirc-Arrco. Elles peuvent notamment aider à déterminer le taux de la pension française.
Plusieurs pays : ne pas tout additionner
Pour une carrière France–Espagne–États-Unis, les règles européennes et l’accord franco-américain ne permettent pas de totaliser simplement les trois pays dans un même calcul.
La France compare les résultats applicables. Elle retient le plus favorable, pas automatiquement celui du pays où la durée travaillée est la plus longue.
Certains accords prévoient des exceptions : l’ensemble du parcours doit être examiné.
L’assurance volontaire
Une couverture volontaire peut être étudiée :
- auprès de la CFE pour la retraite de base ;
- auprès de Malakoff Humanis International Agirc-Arrco pour la complémentaire.
Elle ne dispense pas des cotisations locales obligatoires. Demandez des devis et discutez du financement avec l’employeur avant le départ.
À conserver : contrats, bulletins, numéros d’affiliation étrangers, certificats et relevés locaux. L’absence d’une période étrangère sur le relevé français ne signifie pas qu’elle sera ignorée lors du calcul.
13. Des trimestres manquent : corriger avant de penser au rachat
Il faut distinguer un droit absent par erreur et une période qui n’a pas produit suffisamment de droits.
Un employeur oublié ou un salaire mal enregistré appelle d’abord une demande de régularisation sur justificatifs.
Un rachat est une autre démarche, payante, soumise à conditions.
Pour les études supérieures et certaines années incomplètes, le plafond commun est de douze trimestres. Toute année vide n’est pas automatiquement rachetable.
| Option | Effet |
|---|---|
| Taux seul | Peut réduire ou supprimer la décote |
| Taux et durée d’assurance | Agit aussi sur la durée retenue dans le calcul |
Le rachat n’ajoute pas de salaire au revenu annuel moyen et ne donne pas automatiquement de points complémentaires. Des règles et tarifs spécifiques existent pour certaines situations.
Pour une activité salariée à l’étranger, un rachat spécifique peut être possible. Le délai est en principe de dix ans à compter du dernier jour de l’activité à l’étranger, pas nécessairement de la date du retour en France.
Avant tout versement, comparez plusieurs simulations. Un rachat utile dans une carrière peut être inutile dans une autre.
14. Comment vérifier son dossier, concrètement ?
Première étape : réunir les documents
Téléchargez votre relevé de carrière et votre relevé de points complémentaires. Classez ensuite vos justificatifs par année et par employeur ou organisme.
Deuxième étape : comparer année par année
Pour chaque année, posez quatre questions :
- Tous mes emplois et mes périodes particulières apparaissent-ils ?
- Le revenu enregistré est-il cohérent avec les bases de mes bulletins ?
- Le nombre et la nature des trimestres sont-ils cohérents ?
- Les points complémentaires attendus sont-ils présents ?
Une année récente peut ne pas être encore entièrement alimentée. Une différence doit être expliquée avant d’être qualifiée d’erreur.
Troisième étape : tenir une liste des écarts
Un tableau suffit :
| Année | Point à vérifier | Justificatif disponible | Démarche |
|---|---|---|---|
| 2015 | Apprentissage incomplet | Contrat et bulletins | Faire examiner la période |
| 2020 | Chômage absent | Attestation annuelle | Demander une régularisation |
| 2025 | Points à contrôler | Douze bulletins | Comparer avec le relevé complémentaire |
Adressez la demande au régime concerné, décrivez précisément l’écart et joignez des copies lisibles. Gardez votre demande, les pièces transmises et la réponse.
Une correction de la base ne prouve pas que la complémentaire est corrigée : contrôlez les deux.
15. À trente ans ou à cinquante-cinq ans, les priorités changent
À trente ans, l’enjeu est de conserver les preuves et de ne pas manquer une échéance : versement pour stage, répartition des trimestres d’éducation ou couverture avant une expatriation.
À quarante ou cinquante ans, on peut consolider les premières années et reprendre les périodes complexes pendant que les documents et interlocuteurs restent accessibles.
À cinquante-cinq ans, la vérification devient aussi la base de simulations fiables. Il faut examiner les droits manquants, les carrières étrangères et les éventuels rachats avant de prendre une décision.
À tout âge, trois idées restent essentielles :
- quatre trimestres ne garantissent pas un salaire et des points corrects ;
- tous les trimestres n’ont pas le même effet dans tous les dispositifs ;
- une retraite à taux plein peut rester proportionnelle à la durée acquise dans le régime.
Faire le point sur sa carrière avec MD retraite
Vous avez changé plusieurs fois d’employeur, travaillé à l’étranger ou repéré une période manquante ? Vous souhaitez comprendre votre relevé avant d’envisager un rachat ?
MD retraite vous accompagne pour vérifier les droits enregistrés, préparer les demandes de régularisation et comparer les choix utiles à votre situation.
Comprendre sa carrière permet de savoir quoi vérifier aujourd’hui, même lorsque la retraite est encore loin.
Cet article concerne principalement les salariés du secteur privé. Les règles dépendent des dates, du statut, des régimes et des accords applicables. Les exemples illustrent les mécanismes ; ils ne constituent pas une estimation individuelle de pension.