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Retraite et enfants : deux nouvelles mesures qui peuvent améliorer la retraite des parents dès septembre 2026

Trimestres pour enfants retraite : à compter du 1er septembre 2026, les trimestres accordés au titre des enfants pourront avoir une double incidence sur la retraite : améliorer le montant de la pension de base et, dans certaines situations, permettre un départ anticipé pour carrière longue.

La première concerne le calcul de la retraite de base : pour les assurés bénéficiant de trimestres supplémentaires liés aux enfants, le revenu annuel moyen pourra désormais être calculé sur les 24 ou 23 meilleures années, au lieu des 25 meilleures années.

La seconde concerne la retraite anticipée pour carrière longue : certains trimestres accordés au titre des enfants pourront désormais être retenus comme des trimestres réputés cotisés, dans la limite de deux trimestres.

Ces évolutions devraient principalement bénéficier aux femmes, qui restent les principales bénéficiaires des majorations de durée d’assurance pour enfants.

Ces nouvelles dispositions sont désormais confirmées par deux décrets du 29 juillet 2026, publiés au Journal officiel du 31 juillet 2026. Elles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026 – calcul de la retraite des parents
C’est celui qui prévoit le passage aux 24 meilleures années pour un enfant et aux 23 meilleures années pour au moins deux enfants.

Décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 – retraite anticipée carrière longue
C’est celui qui permet notamment de retenir les majorations liées aux enfants dans la durée réputée cotisée pour la carrière longue, dans la limite de deux trimestres.

Le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années : ce qui change

Pour comprendre l’intérêt de la première mesure, rappelons rapidement comment est calculée la retraite de base d’un salarié du secteur privé.

Son montant dépend notamment de trois éléments :

Revenu annuel moyen × taux de la retraite × durée d’assurance au régime / durée d’assurance requise

Le revenu annuel moyen, que l’on appelle également salaire annuel moyen, correspond en principe à la moyenne des 25 meilleures années de revenus revalorisés.

Et c’est précisément sur ce point que la réglementation évolue.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026, le nombre d’années retenues pourra être réduit pour les personnes bénéficiant de certaines majorations de durée d’assurance liées aux enfants.

Le calcul sera effectué sur :

  • les 24 meilleures années lorsque l’assuré bénéficie d’une majoration au titre d’un enfant ;
  • les 23 meilleures années lorsqu’il bénéficie de majorations au titre d’au moins deux enfants.

Trimestres pour enfants et retraite : quel impact sur le calcul de la pension ?

Le principe est assez simple.

Imaginons une assurée dont les 25 meilleures années comprennent quelques années avec des revenus sensiblement plus faibles que les autres.

Jusqu’à présent, ces années pouvaient entrer dans la moyenne servant au calcul de sa retraite.

Si cette même assurée a bénéficié de majorations de durée d’assurance pour au moins deux enfants, son revenu annuel moyen pourra désormais être déterminé à partir de ses 23 meilleures années.

Les deux années les moins favorables parmi les 25 précédemment retenues sont donc écartées.

Le revenu annuel moyen peut ainsi augmenter et, par conséquent, le montant de la retraite de base également.

L’incidence ne sera évidemment pas identique pour tout le monde. Elle dépendra de la carrière et des revenus enregistrés au cours de chacune des années concernées.

Pour certaines carrières relativement régulières, l’écart pourra être limité. Pour d’autres, notamment lorsque les revenus ont fortement varié, l’effet pourra être plus significatif.

Quels trimestres pour enfants permettent de bénéficier de ce nouveau calcul ?

La mesure ne concerne pas uniquement les trimestres accordés au titre de la maternité.

Sont notamment visées les majorations de durée d’assurance accordées au titre :

  • de la maternité ;
  • de l’adoption ;
  • de l’éducation d’un enfant ;
  • de l’éducation d’un enfant handicapé ;
  • du congé parental d’éducation.

Contrairement à la présentation qui en avait initialement été faite lors des débats sur la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la mesure n’est d’ailleurs pas juridiquement réservée aux seules mères.

Elle concerne les assurés qui bénéficient des majorations ou bonifications visées par les textes.

Dans les faits, son incidence concernera néanmoins très majoritairement les femmes, compte tenu des règles d’attribution des trimestres liés à la maternité et à l’éducation des enfants.

Les enfants pourront également faciliter un départ anticipé pour carrière longue

C’est la deuxième évolution importante.

Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue permet, sous certaines conditions, de partir à la retraite avant l’âge légal.

Il faut notamment :

  • avoir commencé à travailler jeune ;
  • avoir validé suffisamment de trimestres au début de sa carrière ;
  • et justifier d’une durée suffisante de trimestres cotisés ou réputés cotisés.

Cette dernière notion est essentielle.

Pour bénéficier d’une carrière longue, il ne suffit pas nécessairement d’avoir atteint le nombre total de trimestres exigé pour obtenir une retraite à taux plein.

Il faut également disposer du nombre nécessaire de trimestres cotisés ou réputés cotisés.

C’est pourquoi une personne peut parfaitement totaliser suffisamment de trimestres pour obtenir le taux plein à l’âge légal, mais ne pas pouvoir bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue.

Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants pourront désormais compter pour la carrière longue

À compter des pensions prenant effet le 1er septembre 2026, certaines majorations de durée d’assurance attribuées au titre des enfants pourront être considérées comme des périodes réputées cotisées pour l’accès à la carrière longue.

Elles pourront être retenues dans la limite de deux trimestres par assuré.

Sont notamment concernées les majorations attribuées au titre :

  • de la maternité ;
  • de l’adoption ;
  • de l’éducation ;
  • du congé parental d’éducation.

Attention : cela ne signifie pas que tous les trimestres attribués pour les enfants deviennent des trimestres cotisés.

La nouvelle réglementation permet d’en retenir au maximum deux pour apprécier la durée d’assurance nécessaire au dispositif carrière longue.

Cette distinction est importante.

Deux trimestres seulement… mais parfois plusieurs mois de gagnés

Deux trimestres peuvent paraître peu importants à l’échelle d’une carrière professionnelle de plus de quarante ans.

Pour certaines personnes, ils pourront pourtant changer la date possible de départ à la retraite.

Prenons une assurée qui remplit la condition de début d’activité nécessaire pour bénéficier d’une carrière longue mais à laquelle il manque deux trimestres cotisés ou réputés cotisés pour atteindre la durée exigée.

Jusqu’à présent, ses trimestres supplémentaires pour enfants ne permettaient pas nécessairement de combler cet écart.

À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux de ces trimestres pourront être retenus dans la durée nécessaire à la carrière longue.

Selon la situation, cela pourra permettre d’avancer de plusieurs mois la date de départ à la retraite.

Il faudra néanmoins étudier chaque carrière individuellement : la carrière longue repose sur plusieurs conditions cumulatives et la seule présence de trimestres pour enfants ne suffit évidemment pas à ouvrir automatiquement un droit à départ anticipé.

À partir de quand ces nouvelles règles s’appliquent-elles ?

C’est un point particulièrement important.

Les deux décrets ont été publiés au Journal officiel du 31 juillet 2026.

Les nouvelles dispositions concernent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Ce n’est donc pas la date de dépôt de la demande de retraite qui détermine l’application de ces nouvelles règles, mais bien la date d’effet de la pension.

Une personne ayant déjà déposé sa demande de retraite pour une pension prenant effet à compter du 1er septembre 2026 peut donc être concernée.

Faut-il faire vérifier sa situation ?

Pour les personnes ayant eu ou élevé des enfants et envisageant un départ à la retraite prochainement, ces nouvelles dispositions justifient une nouvelle vérification de leur situation.

Deux questions doivent notamment être examinées :

Le calcul sur 24 ou 23 années améliore-t-il le montant de ma retraite ?

et, pour les personnes ayant commencé à travailler jeunes :

La prise en compte de deux trimestres supplémentaires me permet-elle désormais de remplir les conditions d’une retraite anticipée pour carrière longue ?

La réponse dépend de la carrière de chacun. Une analyse personnalisée des droits à retraite permet de mesurer précisément l’incidence de ces nouvelles dispositions.

En matière de retraite, une modification réglementaire apparemment limitée peut parfois modifier sensiblement le montant d’une pension ou permettre d’avancer une date de départ.

C’est pourquoi l’analyse du relevé de carrière et la vérification des différentes possibilités de départ restent indispensables avant toute décision.

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