La retraite progressive est un dispositif encore trop méconnu, mais qui séduit de plus en plus de salarié(e)s en fin de carrière.
Son principe est simple : réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de sa retraite. Résultat : un revenu maintenu, du temps libéré et la possibilité d’avancer vers la retraite en douceur.
Pour ceux déjà à temps partiel, c’est une opportunité immédiate d’augmenter leur pouvoir d’achat. Pour les salariés à temps plein, elle permet de souffler, notamment dans les métiers pénibles, tout en continuant à acquérir des trimestres pour améliorer sa future pension.
Un dispositif élargi depuis septembre 2023
Jusqu’ici réservé à certains salariés, la retraite progressive est désormais ouverte :
- aux fonctionnaires des trois fonctions publiques (État, territoriale, hospitalière),
- aux professions libérales, y compris les avocats,
en plus des salariés du régime général, de la MSA, des artisans, commerçants et exploitants agricoles (Articles D161-2-24 à D161-2-24-7).
Quelles sont les conditions pour bénéficier d’une retraite progressive ?
Pour les salariés, trois conditions doivent être réunies :
- Un âge minimum : l’âge légal de départ à la retraite moins deux ans. Attention, cet âge devrait repasser à 60 ans dès septembre 2025, sous réserve d’obtenir l’accord de l’employeur pour travailler à temps partiel.
- Une durée d’assurance d’au moins 150 trimestres, qu’ils soient cotisés, assimilés (maternité, chômage, maladie, service militaire) ou bonifiés (par exemple, 8 trimestres par enfant).
- Un emploi à temps partiel, entre 40 % et 80 % d’un temps complet. Si vous êtes déjà à temps partiel et que vous conservez la même durée, vous n’avez pas besoin de l’accord de l’employeur. En revanche, pour passer d’un temps plein à un temps partiel, l’autorisation est indispensable. Depuis septembre 2023, le silence de l’employeur pendant 2 mois vaut accord, sauf si la demande est incompatible avec l’activité économique de l’entreprise.
Bon à savoir : la retraite progressive est aussi possible en cas de multi-employeurs, de forfait-jours (cadres), ou pour certaines professions où le temps de travail est difficile à mesurer (artistes, auteurs, VRP, mannequins…).
Quels revenus attendre dans le cadre d’une retraite progressive ?
En retraite progressive, vous percevez :
- un salaire pour la partie de votre activité maintenue,
- une fraction de vos retraites de base et complémentaire, proportionnelle à votre réduction de travail.
Exemple : si vous passez à 80 % d’un temps complet, vous toucherez 20 % de vos retraites. Ces pensions sont calculées comme si vous preniez votre retraite à cette date. Elles pourront subir un abattement si vous n’avez pas encore tous vos trimestres, mais elles seront revalorisées définitivement au moment de la retraite complète, en tenant compte des droits acquis pendant la période progressive.
Autre avantage : si vous continuez à travailler au-delà de l’âge légal en ayant déjà tous vos trimestres, vous pouvez obtenir une surcote (+1,25 % par trimestre supplémentaire).
Des règles précises selon les statuts
- Salariés : temps partiel compris entre 40 % et 80 % d’un temps plein (soit 14h à 28h par semaine sur la base de 35h).
- Indépendants et professions libérales : le revenu doit baisser de 20 à 60 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années, tout en restant supérieur à 40 % du Smic brut mensuel.
- Fonctionnaires : activité réduite entre 50 % et 90 % d’un temps plein, avec 150 trimestres minimum. La demande de temps partiel peut être refusée pour nécessité de service.
Quelles démarches accomplir pour bénéficier d’une retraite ?
Demander le passage à temps partiel à son employeur, par lettre recommandée avec AR au moins 2 mois avant la date souhaitée.
Déposer une demande de retraite progressive environ 5 mois avant la date d’effet, via le service en ligne « Demander ma retraite progressive » disponible sur info-retraite.fr Vous devrez joindre une attestation remplie par votre employeur et la copie de votre contrat de travail à temps partiel. La demande peut aussi être formulée au format papier. Dans l’hypothèse où vous choisissez le format « papier », pensez bien à réclamer votre retraite complémentaire.
Vérifier ses droits :
- contrôler son relevé de carrière
- et estimer le montant de sa retraite progressive en vous rendant sur le portail de l’Union Retraite.
Chaque année, la CARSAT vérifie la durée de votre temps partiel. Si votre temps de travail sort des bornes fixées (40 % à 80 %), la retraite progressive peut être suspendue ou supprimée.
Un dispositif avantageux, mais à manier avec soin
La retraite progressive offre une transition en douceur vers la retraite, un complément de revenu si vous êtes déjà à temps partiel et, pour certains, une opportunité d’améliorer leurs droits grâce aux trimestres et surcotes supplémentaires.
Mais attention : entre les conditions d’âge, de durée d’assurance, les accords employeur et les calculs spécifiques, il est facile de s’y perdre.
Ce qu’il faut retenir de la retraite progressive
- La retraite progressive permet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension.
- Elle est désormais ouverte à tous les salariés, fonctionnaires, indépendants et professions libérales.
- Les règles varient selon le statut, le temps partiel ou les revenus.
- Les démarches passent par votre employeur et par le portail info-retraite.fr
Et vous, êtes-vous éligible à la retraite progressive ?
Chaque situation est unique. Pour éviter les erreurs, anticiper vos droits et optimiser votre départ, MD Retraite vous accompagne : audit personnalisé, aide administrative et conseils stratégiques.